Parfois la douleur est si forte qu’elle m’empêche de respirer !

On dirait que quelqu’un m’enserre le torse d’un corset à l’ancienne, un de ces corsets à baleines qui se lace dans le dos, et la personne (la chose ?) tire sur les lacets, de telle sorte que ma respiration se fait de plus en plus difficile. J'ai les poumons écrasés, je sens que mon coeur s'affole, il devient terriblement douloureux, et dans le même temps un étau se ferme sur mon cou. Je manque d'air.

J’aspire l’air à petits coups, seul le haut des poumons reçoit l’air, et la douleur m’envahit, me serre le cœur.

Les larmes viennent, elles coulent, entraînant le trouble de ma vue, je ne suis plus capable de lire, d’écrire. Je m’abstrais à mon monde.

La douleur est insupportable, je lutte, j’ai l’habitude de la douleur physique, je l’ai souvent apprivoisée, mais la peine psychique comment la combattre ?

Avoir mal au cœur, mal à la tête, au dos, je connais, j’ai beaucoup pris de morphine dans un passé proche, je suis une habituée de la douleur, mais celle-ci me terrasse, bientôt par manque d’oxygène profond, j’ai comme des éblouissements mais la douleur ne se calme pas, j’ai hâte de dormir, de retrouver les anges du sommeil.

Difficilement, je m'endors, mais souvent je me réveille et je me remets à pleurer, je dis son nom , je le répète indéfiniment, comme une incantation, je pleure mon amour déçu, toutes mes larmes ne le feront pas revenir.

Quand on perd une personne qui nous est chère on peut faire le deuil, l’évoquer doucement, tendrement, avec les familiers, on fait revivre le mort, on évoque les souvenirs heureux, on se serre autour de nos souvenirs…

Mais là ? avec qui évoquer le disparu ? J’ennuie tous mes amis (ceux qui restent fidèles) avec mon chagrin, ils sont incapables de le faire revenir !

Tu ne m’aimes pas, tu as décidé de m’éjecter de ta vie, tu me condamnes à la douleur, cette douleur insupportable qui est devenue maintenant ma plus fidèle compagne, elle est là dès que je ne fais pas l’effort de sortir afin d’être entourée, parce que, au milieu de gens amis, je m’efforce de faire bonne figure, je vais jusqu’à rire, et même faire rire les autres.

Mais comment ne voient-ils pas que mon sourire tremble, que mon rire est un ricanement plutôt que la manifestation de la joie ? Oui, vous êtes-là, oui, vous me dites que je peux vous appeler, mais pourquoi faire ? Pour vous dire que je souffre, que je ne peux pas respirer, que je me noie dans le chagrin, que je m’enfonce dans le trou noir de la dépression.

A quoi bon…les gens qui souffrent ennuient le monde, j’en ai bien conscience.

Vous me trouvez embellie, amincie, oui ? le manque d’appétit sans doute ?

Si au moins je pouvais trouver un palliatif, une drogue, l’alcool, que sais-je.

La douleur est là, je pleure, j’arrête d’écrire.

A quoi bon ?

 

Un jour, je m’en sortirai.

 

Ou pas.