15 mai 2007
Ce texte n'est pas de moi...
il est l'oeuvre d'une toute jeune demoiselle, que j'ai le bonheur de compter dans mes amies: Claire.
BANDE DE LÂCHES
Les mots les cris les pleurs par deux fois se déchaînent
Pour rompre ce silence qu'est l'absence d'amour
Ce vide insupportable, un appel au secours
Quand un sang gris, meurtri, me coule dans les veines
Mes mots sont indécis, mes cris sont impalpables
Et mes pleurs impuissants pour exprimer le pire
Quand au fond de mon être s'ébranlent et se déchirent
Rouge sang, noir brutal, mes espoirs pitoyables
C'est pure lâcheté: renoncer à m'aimer
Par peur de s'engager, par flemme ou par dédain
Je maudits mes amants qui au creux de leurs mains
Ont cueilli mon âme pour mieux l'abandonner
Je ne peux accepter un échec sans combat
Le dépôt des armes par peur de l'ennemi
Chers amants, l'adversaire vous aurait assailli
Mais l'amour victorieux fait du perdant un roi
On pourra voir que, en dépit (ou grâce?) au jeune âge de l'auteur de ce poème, le thème est d'actualité, hélas.
24 septembre 2006
HERR, bla bla bla..........
Le Monsieur du 5ème
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Le monsieur du 5ème descendait tous les jours de son appartement, situé au 18 rue du Docteur-Roux, escalier B,15ème arrondissement de Paris, vers 10 heures du matin. Une heure environ après son départ, arrivait une dame strictement vêtue de noir.
Toujours tiré à quatre épingles, en costume l’été, en pardessus l’ hiver, le monsieur du 5ème affiche une élégance discrète. Grand, mince, racé, il sourit, la bouche ouverte, mais son regard est caché, derrière ses lunettes teintées. Le monsieur du 5ème est le plus ancien occupant de l’immeuble .Les autres co-propriétaires le croisent rarement, d’autant plus que c’est son représentant légal qui assiste aux réunions du Syndic. Il a vu défiler tous les concierges avant que le Syndic ne décide de remplacer la fonction par un portail à ouverture automatique codée.
L’appartement avait été rénové, mis en vente, et Fakira en a fait l’acquisition. Elle avait été l’assistante d’un magicien. Fakira a fait partie des gens du spectacle avant que des politiciens technocrates ( ou l’inverse..) ne les transforment en «intermittents». Fakira a pris des rondeurs...On l’imagine mal suspendue au plateau du lanceur de couteaux. Elle semble montée sur roulements à billes. Lorsqu’elle marche, ses épaules impriment un mouvement de balancier à tout son corps, et ses seins, ses hanches, ses fesses semblent rouler; elle fait claquer ses escarpins sur les dalles de la cour. Les activités tarifées de Fakira ne gênent pas les autres occupants de l’immeuble. Elle sait rester discrète, et pratique des ristournes à ses voisins…
Mme Favard et son fils, Cédric, habitent le 3ème. Leur vie est rythmée par la venue de l’infirmière: Madame Favard est malade, et reste alitée . Cédric descend faire les courses. Sinon, il passe son temps dans sa chambre, feuilletant des revues à couverture de papier glacé, la main gauche s’activant frénétiquement devant les photos des filles dénudées dans des positions suggestives, ou bien il surfe sur internet à la recherche de sites pornographiques. Sa chambre donne sur l’Institut Pasteur, il n’est guère attiré par la vue du dehors .Il préfèrerait échanger sa chambre avec celle de sa mère: elle au moins a vue sur la cour, et sur Fakira!!
Ce soir-là, sa mère entendant un bruit de talons martelant les dalles de la courette, intima à son fils l’ordre d’aller aux nouvelles. Il interrompit à regret une érection intéressante, pour venir à la fenêtre de la chambre de sa mère, d’où il vit un groupe de 5 personnes, quatre femmes aussi superbes que dévêtues, entourant une drôle de créature, de noir vêtue, juchée sur de très hauts talons. La créature avait de longs cheveux noirs. Le quintette riait et parlait fort.
Cédric se rappela que Fakira avait convié tous ses voisins à célébrer «amicalement» l’anniversaire de son installation. Il se prépara à la hâte, et dévala l’escalier, dédaignant l’ascenseur: il avait besoin d’oublier son erectus interruptus.
Dans l’appartement de Fakira, bougies, encens, musique arabe invitent à la nonchalance, et au rapprochement entre les sexes. Elle a préparé des gâteaux aux herbes …et les cigarettes assorties circulent. Le champagne et autres boissons alcoolisées font briller les yeux. Les esprits se détendent, les corps se réchauffent.
Cédric fût happé par une nana en bas résilles et gros nichons : pour une fois qu’il descendait du 3ème, il allait s’envoyer en l’air. La fille portait une mini-jupe de cuir noir qui crissa lorsqu’elle se plaqua contre le ventre de Cédric. Il eût quand même le temps d’examiner la créature aperçue dans la cour…et vérifier que le décolleté de la créature en noir était plat…et cela l’excita bizarrement.
Au même moment , au 2ème étage, la famille Pescarolo finissait de dîner. Le chef de famille, un Italien nerveux et impatient, avait lu l’invitation de Fakira. Il est un assidu de l’ancienne loge de concierge où il se rend régulièrement. Prof d’université, il a du temps libre et de nombreuses maîtresses aux quatre coins de Paris. Prétextant les poubelles à descendre, il rejoignit rapidement le lieu de la fête. Il y fût accueilli à bras ouverts. Le petit prof n’allait pas laisser passer l’occasion de décharger sa libido explosive.
Le Monsieur du 5ème était là, élégant et racé. Il ne parlait pas, une coupe de champagne à la main, il détaillait avec amusement les personnes présentes. On sût plus tard qu’il avait offert le champagne.
L’infirmière du 4ème était venue, elle aussi, s’excusant presque. On la fit asseoir sur un canapé bas, entre le monsieur du 5ème et Mr Pescarolo. Rapidement, le champagne aidant , elle s’abandonna aux mains chaudes, agiles et fureteuses de celui-ci.
Infirmière libérale, mère de 3 filles, elle voit rarement les autres occupants de l’immeuble en dehors des réunions du Syndic.Son mari est parti un matin, et elle a été divorcée en moins de deux. Les filles voient leur père, mais acceptent mal sa transformation,-il s’est remarié avec une femme bien plus jeune, avec laquelle il est beaucoup plus empressé qu’avec leur mère- et se moquent largement de son nouveau look et de ses bermudas Quick Silver .
L’infirmière a un client privilégié, il la fait venir dans son hôtel particulier, lui offre de la lingerie qu’elle doit essayer selon un rituel convenu. C’est une blonde intégrale et la dentelle noire sied particulièrement à son corps pâle. Elle n’a pas le droit d’emporter ses cadeaux, mais elle les revêt à chaque visite…et les soins qu’elle prodigue, ou qui lui sont prodigués, compensent ce petit inconvénient. L’homme aime caresser les dentelles sur ses seins ou ses fesses. Parfois il utilise un fouet, mais il n’est jamais violent. Il lui propose souvent d’être spectatrice, voire participante active à des soirées…Elle doit alors revêtir sa guêpière, des bas noirs, et mettre un masque sur son visage. Au début elle a été réticente, mais elle a vite cédé: son amant est performant. Ce rôle la comble. Depuis peu, l’homme filme ses ébats: elle y trouve un piment supplémentaire.
Ceux du 1er avaient négligé l’invitation. Venant du sud-ouest, ils ne s’étaient pas sentis concernés par ce raout parisien. L’homme, conducteur de bus à la RATP
Elle a commencé une liaison avec le prof de musique de son fils. Celui-ci étant loin d’être doué, les leçons ont cessé, mais pas les visites de la maman au professeur. Elle se rend au domicile de ce charmant jeune homme. Il vit dans une très belle demeure, où elle croise parfois d’autres charmants jeunes gens…Elle n’a pas été gênée de partager les plaisirs à plusieurs. Elle aime que les jeunes gens la tripotent et caressent son corps. Elle apprécie les massages aux huiles, ou les bains de mousse. Elle est ravie d’apprendre.. et son rire de petite fille ravit les hommes qui apprécient ses formes …et son accent!
Chez Fakira, les gâteaux au miel poissaient les doigts que l’on léchait ou rinçait au champagne. On ferma portes et fenêtres afin que la musique ne gênât pas les voisins.
Une des filles baisse l’intensité de la lumière et de la musique, déploie des matelas, dépose des préservatifs par ci par là. La cohésion des habitants du 18, rue du Docteur-Roux est plus profonde qu’elle ne l’a jamais été auparavant, et surtout pas en réunion de Syndic…
Un mercredi matin, le portail s’ouvrit en grand, laissant entrer des camionnettes frappées du logo Arte et ZDF. Des techniciens en sortirent, envahissant l’immeuble de leur efficacité technologique. Ils venaient filmer au 5ème étage….Ils repartirent, leur boulot terminé. Ils n’avaient même pas réveillé Fakira, qui se reposait de ses activités nocturnes et tarifées.
Mr Pescarolo, par contre, remarqua les va-et-vient. Mû par la curiosité, il monta au 5ème pour questionner les techniciens, et c’est seulement à ce moment qu’il découvrît avec stupeur le nom de l’occupant sur la sonnette, et descendit rapidement informer Fakira de sa découverte. Le Monsieur du 5ème venait de mourir, et un reportage était réalisé sur sa vie..
Il lui fallût attendre quelques mois avant de pouvoir le visionner:
«Théoricien de l’Erotisme, ou comment vivre sa vie par procuration»
Christopher O’Tick, né de l’union entre Patrick O’Tick (Pat pour ses intimes), Irlandais ayant vécu en Allemagne, et de Nymphe Haumann, une juive berlinoise, venait donc de mourir. Il laissait des quantités d’ouvrages sur la doctrine à laquelle il avait dédié sa vie, et donné son nom. A Berlin, où il est né, il avait achevé des études de philosophie, de littérature et de sociologie. Il avait aussi étudié les travaux de Freud à Vienne.
Ainsi le Docteur O’tick, ou Herr O’Tick, comme le nommaient ses élèves Allemands, était venu s’installer à Paris dans l’indifférence générale. Ses parents possédaient un hôtel particulier dont il avait hérité, étant fils unique et dans lequel il passait ses journées et écrivait ses livres d’après ses expériences propres, ou filmées.
Il s’était rendu propriétaire d’un appartement à proximité de l’institut Pasteur afin de mieux être libre. Il y dormait, et le quittait tous les matins pour retourner à son domicile de jour. La dame en noir était sa dame de confiance, elle venait faire le ménage dans son appartement.
Il avait recours à un représentant légal pour les réunions de Syndic.
Dans l’immeuble, il avait noué amitié avec Fakira. C’est lui qui avait offert le champagne pour la soirée de celle-ci.
L’infirmière libérale fût informée qu’elle héritait de sa lingerie. Son client décédé, elle regretta amèrement l’amant. Mais elle avait été persuadée par Mr Pescarolo qu’il pouvait être un partenaire intéressant.
La dame du sud-ouest continua à fréquenter ses jeunes gens: du fait du décès de son grand-père, Herbert O’Tick héritait de l’hôtel particulier et de l’appartement. Il prît aussi le nom, sans vergogne, afin que le titre de Herr O’Tick demeure en la ville de Paris.
Ce texte était paru sur le site de 22vlalesmots, site d'écriture lors d'une session où il demandé de faire un "texte érotique". Je le publie ici in-extenso, afin d'amuser le lecteur, dont je sollicite à l'avance, la complète indulgence.

